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Association Bretonne

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la Pêche à la Mouche
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Le Couesnon

couesnonTOI QUI DANS TA FOLIE MIS LE MONT EN NORMANDIE…
QU’ES-TU DEVENU ?

Cliquez ici pour télécharger une carte du Couesnon (Taille:1.03 Mb)

Si la situation globale de la truite reste préoccupante en Ille-et-Vilaine, il reste des rivières privilégiées dans le nord du département.
Le bassin du Couesnon offre encore des possibilités de pêche à la mouche non négligeables.
Un peu d’histoire et de géographie…

Situé au nord-est du département, le Couesnon et ses affluents représentent un système décimal presque parfait. Avec un bassin versant de 1000 km2, un linéaire de 1000 km de rivières et ruisseaux et 100 km pour lui-même, il devrait y faire bon vivre pour tous les pêcheurs de truites.
Mais voilà, agriculture moderne, industries agroalimentaires et recalibrages intempestifs ont vite eu raison de ce fleuve côtier dont on dit qu’il peut être aussi tumultueux que paisible, ce fleuve si fort qu’il mit un jour le Mont Saint-Michel en Normandie.
Ce lien naturel de toute une région, qui relie le château de Fougères au Mont Saint-Michel, ce lien que l’on aurait dû défendre âprement, ce lien est mort dans l’indifférence générale ; pis encore puisque l’on a précipité sa mort à force de bulldozers et autres engins peu compatibles avec la nature.
Il a bien tenté de s’en remettre en se gonflant en des crues mémorables, avec les soubresauts des agonisants, peine perdue : les engins veillaient au grain !
Pourtant, quelque part, une poignée d’hommes s’est levée, bien faible en vérité mais décidée à en découdre, décidée à sauver ce qui pouvait l’être ; prête à marcher à contre-courant.
Alors on a vu les pelleteuses remplacées par la main, la faucille, le râteau et autres outils préhistoriques. Entretenir et restaurer ce qui avait été cassé ; l’objectif était clair mais il fallait aussi se battre sur le front des pollutions. Et il y en avait dans les années 80 ! Nous avions 12 à 15 PV par an pour pollutions graves et ceci sur deux rivières. Nous avons pris les choses en main et sommes allés, avec l’aide d’Eaux et Rivières, jusqu’à la condamnation pénale de plusieurs pollueurs et avons même obtenu un emprisonnement ferme de 15 jours pour un récidiviste récalcitrant ! Je peux vous dire que cela a calmé les ardeurs de certains, qui se sont mis tout de suite aux normes ; inutile de vous dire que nous avons été bien vus dans le patelin lorsque l’entreprise du repris de justice a quitté les lieux ; mais nous avons rassuré tout le monde en précisant que nous continuerions à le surveiller car il était toujours sur le Couesnon et n’avait pas encore compris le message.
Les eaux de la Loysance ayant retrouvé leur clarté originelle (mais pas leur pureté ; maïsiculture et élevages en tout genre obligent), nous avons tenté de réintroduire la truite fario et le roi Saumon. Et, si pour celui-ci tout va bien, il n’en est pas de même pour la truite. Sur les affluents de la Loysance que nous gérons, la réussite est là, mais sur la rivière mère c’est beaucoup moins bien, et ce n’est plus un problème de qualité d’eau.
Des saumoneaux à raison de 25/30 pour 100 m2 et 5 truites seulement ; 73/100 m2 sur le tronçon à quelques kilomètres de là, avec les mêmes poissons issus de nos incubateurs de terrain… Tant de différences ne s’expliquent pas par la non-adaptation de ces truites au milieu. Les seuls poissons présents sont de taille proche de la limite de capture ou de très gros poissons, le nombre de juvéniles présents est insuffisant pour assurer un nombre de géniteurs correct. Et il y a ce petit bras de la Loysance qui donne dix fois plus de truitelles que cette dernière ; ce ne sont pas les poissons qui ne sont pas adaptés, c’est la rivière qui n’est plus à même de leur assurer des conditions de vie normales.
La Loysance est en cours de remodelage suite aux profonds chambardements qu’elle a subis il y a 22 ans, elle se comporte comme une rivière jeune, érodant ses berges, bouleversant sans cesse son profil, rendant la vie dure à nos truitelles. Il faut être gros poisson pour tenir dans les courants violents avec peu d’herbiers. Saumons et truites de mer s’y sentent très à l’aise, C’est tant mieux pour le Couesnon. Comment faire sur la Loysance ? Où trouver la pépinière nécessaire ? Pas sur le seul affluent que nous gérons, il a la mauvaise habitude de s’assécher depuis son recalibrage… Alors il faut construire ou refaire ce que l’on a défait.
Ne pouvant compter que sur nous, nous avons décidé de créer ou recréer ce qui était nécessaire ; ainsi nous avons rouvert un ancien bras de la rivière de 500 mètres comblé lors du dernier remembrement il y a dix ans à peine. Pour une fois la pelleteuse était de notre côté, avec un pelleteur à la hauteur de la tâche, efficace et très compréhensif. Le lendemain même de la mise en eau, quelle ne fut pas notre surprise de découvrir un couple de saumons !

Une semaine plus tard nous y mettions 200 parpaings à trous pour assurer des caches à nos futures truitelles, et cela a marché puisque, là encore, il y eut dix fois plus de truitelles que sur la rivière. La deuxième année, dix tonnes de granulats et autant de cailloux divers ont rejoint les parpaings. Six frayères ont ainsi été réalisées au râteau et, le lendemain, cinq étaient déjà occupées par de jolies tachetées. Dix autres tonnes ont suivi l’an dernier et les nombreuses crues commencent à rendre la rivière fort sympathique.
Deux autres chantiers de ce genre sont prévus cet automne et nous pourrions faire mieux avec plus de bras. Mais, faire ce genre d’opérations pour voir nos truites pillées bien avant qu’elles n’aient pu se reproduire, cela n’est pas du tout satisfaisant ; alors que faire ? Attendre des conseils éclairés ? J’attends encore ! Faire une réserve ? Là je dis non ! C’est encore pire, nous en avons une, c’est le refuge de très gros poissons indésirables et des bracos du coin. On y trouve de gros chevesnes (chez nous on dit Cheyenne car un bon Indien est Indien mort…) Faire un parcours de pêche no-kill, oui sauf pour les Indiens (qu’ils me pardonnent… enfin, les vrais).
Alors, nous avons transformé la réserve en parcours no-kill salmonidés, réservés aux écoles de pêche et aux clubs mouche désireux de former des pêcheurs à la mouche. Pour les autres nous avons créé avec l’accord du propriétaire un second parcours mouche no-kill salmonidés (ce secteur allait devenir une pêche gardée).
Ce parcours est long d’environ deux kilomètres et le bras de rivière qui produit tant de truitelles y est inclus. Ce bras fait 1,5 m de large et la Loysance environ cinq mètres, le bas du parcours est profond et lent, à courant, la partie haute est rapide et peu profonde. Les truites de la Loysance sont assez bonnes filles mais, attention ! elles s’éduquent, quelques-unes ayant déjà été sollicitées. Toute la rivière est pêchable à la mouche depuis Antrain jusqu’au Moulin du Champinel. Au-dessus de ce dernier, la gestion en place n’a pas l’air de donner de résultat. Cette rivière est une très belle rivière qui peut même surprendre de par sa superbe vallée, de par sa fougue, de par les surprises qu’elle peut donner, tel ce saumon de fontaine de 57 cm capturé à l’ouverture par notre président de Fédération (il serait anadrome que cela ne surprendrait personne) ou ce doublé d’ombres à la mouche. Si d’aventure quelqu’un piquait un de ces ombres faites-le moi savoir. Il y en avait quelques-uns sur la Loysance ainsi que sur le Couesnon où nous avons essayé de l’introduire car il serait mieux dans le paysage que les chevesnes goulus et ventripotents (ceci peut répondre aux interrogations de certains).
Si d’aventure vous souhaitez découvrir la Loysance, vous pouvez le faire en famille, un superbe chemin de randonnée longe sur quelques kilomètres, la rivière, puis un affluent et un sous-affluent. Quoi de mieux pour découvrir la rivière que j’aime le plus au monde ? (Comme vous l’avez sans doute deviné…) Si vous la découvrez en décembre, regardez bien, vous y verrez quelques saumons batifoler. L’AAPPMA, La Gaule Antrainaise a, de ses mains, depuis 1984 :
- Réalisé une passe à poissons (en bois, fonctionnelle depuis 10 ans) ;
- Nettoyé et restauré plus de 120 km de berges ;
- Remué des dizaines de tonnes de cailloux ;
- Réalisé 12 frayères à truites avec 20 tonnes de granulats ;
- Réalisé 500 mètres de ruisseau pépinière «artificiel» ;
- Concrétisé deux parcours mouche ;
Elle est à l’origine de la restauration du saumon sur le Couesnon ;
- A mis un industriel pollueur en prison (ferme) pour deux semaines ;
- A fait condamner deux industriels à de la prison avec sursis ;
- A gagné tous les procès qu’elle a intentés avec l’aide de «Eaux et Rivières».
Cela avec les moyens d’une petite association de 440 membres dont 85 jeunes.
UN GRAND REGRET : l’absence de ses membres à ses travaux, y compris les moucheurs de plus en plus nombreux.
Heureusement, il y a toujours la même motivation, contagieuse, espérons-le ; en témoignent les liens d’amitié qui lient désormais tous les gratteurs de rivières que nous sommes devenus.
La prochaine fois, je vous parlerai du Tronçon, et de quelques autres ruisseaux fort bien peuplés de truites et de branches.
Jean-Paul Lorand - Pt de «La Gaule Antrainaise».

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  • Dernière mise à jour: dimanche 19 novembre 2017, 10:17:04.

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