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Un comportement de la truite

par Paul Troël

truite1Certains échecs aux périodes les plus propices à la capture de beaux poissons laissent le pêcheur perplexe. Franck Sawyer, célèbre garde-pêche de l’Avon, et créateur de la fameuse nymphe «Pheasant Tail», dans son livre «Nymphs and the trout»,* nous relate le comportement intéressant d’une grosse truite.


«Le soleil brillait avec éclat, et je la voyais nettement se déplacer le long du mur, occupée à déloger les nymphes – comme je le croyais alors – pour les capturer au moment où elles s’enfuyaient. Sans bouger j’allongeai un peu ma soie et m’apprêtai à lancer. Mais j’aurais dû regarder derrière moi comme je le fais toujours quand je ne suis pas excité. Mon hameçon s’accrocha en haut d’un buisson et je dus franchir plusieurs obstacles en rampant pour le libérer. Je commis cette faute stupide encore deux fois et je finis tout de même par lancer ma nymphe à l’endroit voulu. Elle plongea vers le poisson à environ cinquante centimètres sous la surface. Comme je m’attendais à le voir ouvrir la gueule pour la prendre il s’en éloigna et se remit en chasse le long du mur. Il répéta la même manœuvre. Il s’écartait subitement de son chemin pour suivre la nymphe, je me tenais prêt à ferrer mais le reflet blanc ne se produisait pas. Après un nouvel échec, je décidai de changer de nymphe. La Pheasant Tail avait un certain attrait mais ce n’était pas tout à fait ça. J’essayai un nouveau modèle mais sans succès ; j’en essayai encore un autre mais la truite ne s’y intéressa pas davantage.
Maintenant je tremblais encore plus qu’au début. Il me vint tout à coup à l’esprit que cette truite ne prenait peut-être pas des nymphes, mais des spinners d’Olives en train de pondre sous l’eau. J’avais dans ma boîte à nymphes un modèle en fibres de sabre de faisan muni de cerques blancs. J’ignore, toutefois, si la méfiance de la truite fut endormie par la présence de ces cerques blancs, car à part ce détail, la nymphe ressemblait en tous points à celle que j’avais essayée au début. Quand l’artificielle passa devant la grosse truite, celle-ci s’écarta du mur et comme elle refermai la gueule, je ferrai.»
La fin de l’épisode vous aurait appris que cette grosse truite resta dans son élément en ayant eu raison de l’hameçon de cette «White Pheasant Tail».


IDans ce cas précis, un petit rappel d’histoire naturelle s’impose. En effet les femelles imagos de certaines espèces de Baétidés - Baetis rhodani, Baetis fuscatus, Baetis vernus, Baetis scambus, Alainites muticus, Nigrobaetis niger, les plus communes en Bretagne – s’immergent pour aller pondre. Elles se servent de supports émergeant à la surface (plantes aquatiques, rochers, piles de ponts, murs, etc.) pour descendre, sous l’eau, chercher le lieu de ponte approprié. Elles emportent, entre leurs ailes antérieures, étroitement repliées, une bulle d’air qui, en contact avec les orifices respiratoires (stigmates) situés sur leurs abdomens, leur permettra d’accomplir ce périlleux voyage pouvant durer plusieurs dizaines de minutes pour celles qui en ressortiront indemnes. Elles collent leurs œufs sous les pierres du fond d’une rivière peu profonde ou dans les interstices d’un mur ou d’une pile de pont, avec une prédilection pour les lieux où l’eau est bien aérée, généralement, en bordure de courant. Ces Baetis déposent leurs œufs dans les meilleures conditions pour les futures éclosions. Elles connaissent ces endroits favorables mais ne sont pas seules à les connaître. Ces coins et les habitudes de leurs hôtes sont aussi connus des truites qui peuvent s’y nourrir facilement.
Périlleux et souvent ultime voyage pour ces insectes. Dès leur contact avec l’eau, ces femelles sont la proie des poissons à l’affût. Qu’elles rampent sur les pierres ou sur le béton d’un ouvrage immergé, leurs vies sont exposées. Une fois la ponte accomplie, il leur reste à regagner la surface pour un dernier vol et, là, c’est une autre histoire. Ayant consommé beaucoup d’énergie dans ce dernier acte de vie, elles tentent de remonter à la surface mais le plus grand nombre s’abandonne au courant pour un voyage sans retour, souvent dans l’estomac de quelque truite.

Toutes ces femelles de Baetis se ressemblent beaucoup et un examen microscopique est souvent nécessaire avant de se prononcer avec précision sur l’espèce. Ce n’est pas, là, notre sujet.


truite2Les critères intéressants pour le pêcheur sont :
• la taille du corps de 6 mm pour la plus petite espèce, B. scambus, à 9 mm pour la plus grande, B. rhodani (cerques exclues : entre 9 et 15 mm) ;
• sa couleur. Pour simplifier, le corps est brun, brun rouge le plus souvent, mais on notera des nuances différentes, suivant les espèces et la saison, allant du mordoré à l’acajou en passant par des tons olive ou bordeaux. Les abdomens ont une segmentation claire contrastant avec la relative brillance des corps.
Les deux cerques sont toujours clairs, gris ou blanc et très visibles dans l’eau. C’est peut-être cette particularité qui éclaira Sawyer, ce jour-là ?
Alors va pour la «White Pheasant Tail» dans notre boîte à nymphes. Mais pour la noyée, reconnaissons qu’il n’est pas d’usage de fixer des cerques (blancs dans le cas actuel) à la courbure de l’hameçon, contrairement à ce que l’on fait pour la sèche, mais il n’est pas non plus nuisible d’en munir certains modèles s’inspirant de la description des femelles de Baetis pour prospecter le long des roches émergentes ou des ouvrages en pierre ou en béton plongeant dans l’eau vive (murs, ponts, etc). Il faudra alors prendre soin de lester ces imitations d’un fil de cuivre assez fin (3/10ème) pour compenser la propension à flotter apportée par les appendices ajoutés.
Certains amis se rappelleront avoir inventorié l’estomac d’une truite, sacrifiée en début de saison, et avoir constaté qu’il était rempli de cadavres d’imagos de Baetis. Et pourtant, pendant leur journée de pêche, il n’avaient aperçu que très peu d’éphémères en vol. Il s’agissaient, certainement, dans ce cas, de femelles prises sous la surface au moment de leur ponte.

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  • Dernière mise à jour: mercredi 26 juillet 2017, 17:45:02.

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